Certains critiques partent du principe que dans la fantasy, il y a de la magie, des créatures fabuleuses, donc c’est pour les gamins. Quand Catherine Dufour se penche sur la bibliographie du Disque-Monde, elle rapproche l’univers de Terry Pratchett de celui de JK Rowling et non d’un corpus plus orienté vers les adultes comme le Seigneur des Anneaux.

En prime, chez Pratchett, il y a de l’humour et si c’est drôle, c’est que c’est pas sérieux (donc pour les gamins). Dans sa Critique du Merveilleux et de la Fantasy, Jacques Goimard range Pratchett dans la light fantasy avec les récits de Disney. Au départ, ce côté « pas sérieux » est d’ailleurs mis en avant au travers des illustrations riches en couleur et peu réalistes de Josh Kirby.

Bref, surnaturel, humour et contexte éditorial, tout destinait Pratchett à n’être lu que par des adolescents. Mais d’autres indices prouvent le contraire. Par exemple, au Royaume-Uni, il existe des éditions « sobres », visant un public adulte que les couvertures colorées de Kirby pourraient décourager. Il y a eu la même stratégie éditoriale pour les aventures d’Harry Potter.

Alors ? Terry Pratchett : auteur pour enfants ou pour adultes ?

A quoi reconnaît-on un livre pour enfants / jeune adulte ? Ca dépend. (Oui, vous êtes vachement avancé^^). Selon certains critiques, il y a des éléments qui facilitent la lecture pour le jeune lectorat : un style facile d’accès, des thèmes de prédilection mais la frontière reste parfois très floue.

Exemple ! Les récits pour la jeunesse ont fréquemment pour héros principal un jeune homme / une jeune femme, qui a peu d’expérience et qui se lance dans une aventure. Ce point de départ correspond à plusieurs romans : Mortimer mais aussi les Tiphaine Patraque. Mortimer ne me semble pas viser un public jeune (même si il est abordable par ce lectorat, il ne leur est pas réservé). Quant aux romans Tiphaine Patraque, ils sont présentés dès le départ comme visant les jeunes lecteurs.

Autre exemple. Côté style, certains romans pour la jeunesse (comme certains romans hors Disque-Monde de Pratchett) utilisent un style plus simple, en mettant l’accent plus sur l’action que sur les descriptions ou l’introspection. Mais ce style simplifié n’est pas toujours présent. Regardez les romans de Tiphaine Patraque où au contraire l’action est bien ralentie par les pensées de la jeune fille.

Autant certains romans du Disque-Monde semblent être accessibles à un public de jeunes lecteurs (j’ai donné l’exemple de Mortimer mais on pourrait mettre tous les romans de la première période, la période « absurde »), autant d’autres semblent plus difficiles.  Au fur et à mesure des romans, la parodie puis la satire prennent le pas sur l’humour absurde, ce qui fait de plus en plus appel à des connaissances et des références qu’un public jeune ne repérerait pas forcément.

Finalement, il n’y a pas d’âge pour lire du Pratchett : certains romans « adultes » sont accessibles pour un public plus jeune, au risque parfois de rater certaines références et les vi… euh les adultes prennent aussi du plaisir à lire des romans orientés jeunesse.  Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts sur le Disque-Monde

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